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         <issn>1631-0683</issn>
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            <publisher-name>Elsevier</publisher-name>
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         <article-id pub-id-type="pii">S1631-0683(02)00054-4</article-id>
         <article-id pub-id-type="doi">10.1016/S1631-0683(02)00054-4</article-id>
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               <subject>Research article</subject>
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               <subject>Histoire des sciences / History of Sciences</subject>
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            <article-title>La collection d’Invertébrés fossiles d’Alcide d’Orbigny et la salle d’Orbigny</article-title>
            <trans-title-group xml:lang="en">
               <trans-title>Fossil invertebrate collection of Alcide d'Orbigny and the d'Orbigny room.</trans-title>
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               <aff> Laboratoire de paléontologie, UMR 8569, Muséum national d’histoire naturelle, 8, rue Buffon, 75005 Paris, France</aff>
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         <volume>1</volume>
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         <issue-id pub-id-type="pii">S1631-0683(00)X0006-1</issue-id>
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            <date date-type="accepted" iso-8601-date="2002-10-21"/>
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            <copyright-statement>© 2002 Académie des sciences / Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS</copyright-statement>
            <copyright-year>2002</copyright-year>
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                        Full (PDF)
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         <abstract abstract-type="author">
            <p>Les Invertébrés fossiles récoltés ou reçus par Alcide d’Orbigny tout au long de sa vie sont rassemblés dans une célèbre collection, très riche en espèces et en spécimens, qui constitue une gigantesque œuvre paléontologique. L’étude des faunes d’un très grand nombre de gisements français ont conduit Alcide d’Orbigny à établir des comparaisons d’ordre biostratigraphique, puis à créer des étages géologiques, définis par leur stratotype. Sa grande connaissance des faunes fossiles européennes a été confortée par une vision paléobiogéographique des espèces plus globale, acquise lors de son voyage en Amérique du Sud. La collection d’Orbigny est conservée au Muséum de Paris et est souvent consultée.</p>
         </abstract>
         <trans-abstract abstract-type="author" xml:lang="en">
            <p>Fossil invertebrates collected or received by Alcide d’Orbigny, all his life long, have been brought together in a renowned collection that is very rich in terms of both species and specimens. The collection has resulted from a huge palaeontological work. Study of faunas from numerous French sites led Alcide d’Orbigny to do biostratigraphical comparisons and to erect geological stages, the definitions of which rest on their stratotypes. His wide knowledge of European fossil faunas was strengthened by a more global palaeobiogeographical view derived from his travel in South America. The d’Orbigny collection is housed in the ‘Muséum’ of Paris and is often visited by experts.</p>
         </trans-abstract>
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            <unstructured-kwd-group>Alcide d’Orbigny, fossil invertebrate collection, catalogue, history of sciences</unstructured-kwd-group>
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            <unstructured-kwd-group>Alcide d’Orbigny, collection d’Invertébrés fossiles, catalogue, histoire des sciences</unstructured-kwd-group>
         </kwd-group>
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               <meta-value>Rédigé à l’invitation du Comité éditorial</meta-value>
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   </front>
   <body>
      <sec>
         <label>1</label>
         <title>Introduction</title>
         <p>La collection d’Invertébrés fossiles d’Alcide d’Orbigny représente un modèle de perfection par son équilibre entre le nombre très élevé d’espèces et de spécimens qu’elle contient, la multiplicité des provenances (France et étranger) et son étendue stratigraphique, du Paléozoïque à l’Actuel. Elle est en grande partie constituée par les récoltes personnelles d’Alcide d’Orbigny, mais aussi par les dons de ses nombreux correspondants. L’histoire de la collection d’Orbigny est d’abord le récit d’étapes de la vie de son auteur, qui l’ont progressivement conduit à servir de grandes disciplines scientifiques, principalement axées autour de trois volets inséparables, la paléontologie, la biostratigraphie et la paléobiogéographie. La visite de la salle d’Orbigny et la consultation des fossiles nous font connaître le premier grand rangement historique des taxons par étages géologiques.</p>
      </sec>
      <sec>
         <label>2</label>
         <title>Constitution de la collection d’Orbigny : une vie de récoltes de fossiles</title>
         <sec>
            <p>À Couëron, petite localité sur la Loire, à l’ouest de Nantes, vécut tout au début du XIX<sup>e</sup> siècle la famille d’Orbigny. L’un des fils, Alcide, au destin peu commun, naquit là en 1802. Son père, Charles Marie, avait donné à ses enfants le goût des sciences de la nature. Lorsqu’en 1816 la famille s’installa à Esnandes au nord de La Rochelle, puis à la Rochelle même en 1821, se précisa alors la vocation de paléontologue d’Alcide d’Orbigny <xref rid="BIB8" ref-type="bibr">〚8〛</xref>, <xref rid="BIB10" ref-type="bibr">〚10〛</xref>, <xref rid="BIB11" ref-type="bibr">〚11〛</xref>, <xref rid="BIB18" ref-type="bibr">〚18〛</xref>, <xref rid="BIB19" ref-type="bibr">〚19〛</xref>, <xref rid="BIB20" ref-type="bibr">〚20〛</xref> and <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>La découverte à Esnandes des fossiles datés ultérieurement de l’Oxfordien supérieur des falaises de la pointe de Saint-Clément, près de l’Anse de l’Aiguillon, et des falaises environnantes, toutes légèrement en retrait du rivage actuel, a pu être en quelque sorte à l’origine de l’intérêt qu’Alcide d’Orbigny a porté tout au long de sa vie à la biostratigraphie, dont il est le fondateur. Simultanément, ses observations des sables de l’estran, initiées par son père, le conduisirent à découvrir une classe de micro-organismes, les Foraminifères, dont il intégrera plus tard les formes fossiles dans les étages géologiques qu’il a créés (aujourd’hui collection classée à part) <xref rid="BIB21" ref-type="bibr">〚21〛</xref> and <xref rid="BIB23" ref-type="bibr">〚23〛</xref>. La période 1821–1826, où Alcide d’Orbigny vécut à La Rochelle, lui permit de parcourir la région des Charentes et de commencer à constituer sa collection d’Invertébrés fossiles, ayant à sa disposition non loin de la maison familiale de nombreux sites aussi bien jurassiques, Esnandes, Estré (aujourd’hui Aytré), pointe du Ché (Chay), Angoulins, Chatelaillon, Fouras, les îles de Ré et d’Oléron..., que crétacés, Meschers-sur-Gironde, Talmont-sur-Gironde, Royan, Saint-Palais-sur-Mer, Port-des-Barques et les îles Madame, d’Aix et d’Oléron, et plus loin dans les terres, Saintes, Cognac, Angoulême... Voici rapidement développés deux exemples, l’un sur le Jurassique au sud de La Rochelle et l’autre sur le Crétacé supérieur de la rive droite de la Gironde. Tout d’abord, citons le Corallien (équivalent du Kimméridgien inférieur) de la pointe du Chay, entre La Rochelle et Fouras, qui est un remarquable complexe récifal montrant des biohermes et une grande diversité des peuplements (colonies de coraux, tubes de vers, térébratules, bryozoaires, huîtres, nérinées, quelques céphalopodes, crinoïdes, oursins avec piquants). Cette faune corallienne caractérise le 14<sup>e</sup> étage d’Orbigny, très bien représenté dans la collection. Citons, en deuxième lieu, le Sénonien, 22<sup>e</sup> étage d’Orbigny (incluant aujourd’hui le Campanien), qui est constitué de petites falaises et rochers montrant des alternances de calcaires durs et tendres, parfois creusés de grottes (Meschers-sur-Gironde), et qui a livré de très nombreux Invertébrés fossiles, surtout à Royan, et déposés dans la collection. Toutes ces récoltes s’intègrent bien dans le cadre géologique et structural des systèmes Jurassique et Crétacé des Charentes, constituant la bordure nord du bassin d’Aquitaine. Alcide d’Orbigny a pu ainsi élaborer dès sa jeunesse, et plus tard compléter ailleurs en France <xref rid="BIB6" ref-type="bibr">〚6〛</xref>, le corps central de son œuvre biostratigraphique, le Mésozoïque <xref rid="BIB1" ref-type="bibr">〚1〛</xref>, <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>, <xref rid="BIB16" ref-type="bibr">〚16〛</xref> and <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref>. Cette collection s’enrichissait en parallèle des dons de fossiles d’âges et de provenances divers, la famille d’Orbigny étant bien connue dans la région.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>De son voyage en Amérique du Sud (1826–1834) <xref rid="BIB15" ref-type="bibr">〚15〛</xref>, Alcide d’Orbigny a récolté et étudié des Invertébrés fossiles (environ 150 espèces) appartenant à différents groupes, essentiellement des mollusques. Selon l’ordre des étages reconnus par Alcide d’Orbigny, presque tous ceux du Paléozoïque, Silurien inférieur (aujourd’hui Ordovicien), Dévonien, Carboniférien (Carbonifère) de Bolivie ont livré des brachiopodes ainsi que des trilobites et, au Silurien inférieur, des traces d’activité animale (bilobites). Au Mésozoïque, quelques étages du Jurassique (Sinémurien, Callovien, Oxfordien), ont fourni un petit nombre d’espèces de bivalves et de brachiopodes et, pendant le Crétacé, seul le Néocomien inférieur et supérieur ou Urgonien (aujourd’hui Berriasien–Aptien inférieur) est assez riche en mollusques, surtout en ammonites : tous ces fossiles proviennent de plusieurs pays, Bolivie, Colombie, Chili, Uruguay. Enfin, au Cénozoïque, nettement plus diversifiée apparaît la faune de mollusques du Falunien B, considéré comme équivalent du Miocène moyen français (type bassins de la Loire et d’Aquitaine), avec une trentaine d’espèces, provenant de Bolivie, du Brésil, du Pérou, du Chili et d’Argentine (bords du Parana et Patagonie). Ces fossiles, tous intégrés dans la collection, répondent à des noms évocateurs tels <italic>Spirifer condor</italic> et <italic>Productus inca</italic> pour le Dévonien, <italic>Ammonites bogotensis</italic> et <italic>Turritella andii</italic> pour le Néocomien ou encore <italic>Panopaea coquimbensis</italic> et <italic>Pecten paytensis</italic> pour le Miocène, sans oublier les espèces <italic>boliviensis</italic>, <italic>peruvianus</italic>, <italic>chilensis</italic>, <italic>paranensis</italic>, <italic>patagonica</italic>, <italic>americana</italic>, relatant le périple des pays ou régions explorés, ou encore les dons reçus (<italic>colombiana</italic>). Alcide d’Orbigny rendit aussi hommage aux naturalistes voyageurs : <italic>Productus humboldtii</italic>, <italic>Rhynchonella agassizii</italic>, <italic>Arca bonplandiana</italic>, <italic>Pecten darwinianus</italic>, comme au président bolivien Andrés de Santa Cruz (<italic>Cruziana furcifera</italic>), qui sollicita sa venue <xref rid="BIB13" ref-type="bibr">〚13〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Une place à part doit être faite à la rencontre, en Amérique méridionale, entre Alcide d’Orbigny et d’autres explorateurs. Ainsi, Claude Gay, qui a constitué, entre 1831 et 1842, une importante collection pétrographique, provenant du Chili et du Pérou, conservée au laboratoire de géologie du Muséum, a rencontré Alcide d’Orbigny à Santiago du Chili, après sa première escale sur la côte pacifique à Valparaiso. Cette collection renferme également des fossiles, et on y trouve des mollusques du Falunien B, dont certaines espèces viennent en complément de celles récoltées par Alcide d’Orbigny dans le Falunien B de Bolivie. Alcide d’Orbigny n’a pas étudié les fossiles du Chili de Claude Gay ; c’est Hippolyte Hupé, aide-naturaliste au Muséum, plus tard auteur de l’inventaire de la collection d’Orbigny, qui étudiera ces mollusques. De ses relations avec les voyageurs de l’Amérique méridionale, évoquons encore la rencontre entre Alcide d’Orbigny et l’ingénieur polonais Ignacio Domeyko, qui lui envoya pour étude les fossiles récoltés pendant sa carrière universitaire au Chili, et à qui Alcide d’Orbigny dédia un brachiopode du Sinémurien et un céphalopode du Crétacé supérieur : <italic>Terebratula ignaciana</italic> et <italic>Nautilus domeykus</italic> ; seul le premier figure dans la collection d’Orbigny. Citons enfin un important lot de fossiles, provenant essentiellement de l’Urgonien de Colombie, donné pour étude à Alcide d’Orbigny par Jean-Baptiste Boussingault pendant leur voyage en Amérique méridionale, et en partie intégré dans la collection d’Orbigny. Au cours de son voyage, Alcide d’Orbigny acquerra une large vision des relations paléobiogéographiques qui pouvaient exister entre les continents américain et européen, fondée sur ses récoltes, des dons et prêts d’Invertébrés dans onze étages géologiques, du Paléozoïque au Cénozoïque inclus.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Si Alcide d’Orbigny avait déjà une certaine vue d’ensemble sur la géologie et la paléontologie avant de partir pour l’Amérique, c’est surtout à son retour qu’il ressentit la nécessité d’introduire de l’ordre et de la rigueur dans la description des caractères des espèces, dans la nomenclature en général (il a créé la désinence <italic>idae</italic> pour la famille), dans la position des fossiles au sein des couches géologiques, dans les relations paléobiogéographiques entre les régions (fossiles marqueurs, tels des « médailles » en archéologie) <xref rid="BIB18" ref-type="bibr">〚18〛</xref>. S’il reconnaissait l’importance des travaux accomplis avant lui, par exemple ceux de Sowerby pour l’Angleterre ou Goldfuss pour l’Allemagne, il pensa qu’il manquait un ouvrage pour la France. Il décida de l’entreprendre, et ce fut le début de la <italic>Paléontologie française</italic>
               <xref rid="BIB3" ref-type="bibr">〚3〛</xref>, <xref rid="BIB4" ref-type="bibr">〚4〛</xref> and <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>, dont les bases reposent sur sa collection. Il mena alors lui-même sans répit des recherches de sites paléontologiques et récolta les fossiles en place dans différents terrains, partout en France pendant plusieurs années (de 1834 à 1840 et, de façon moins systématique, jusqu’en 1855). Plusieurs secteurs ont été particulièrement visités : principalement l’axe nord–sud des pays de la Loire jusqu’à la Gironde, la Normandie, un large quart nord-est jusqu’au Morvan, puis les Alpes du Sud et la bordure méditerranéenne, de façon clairsemée, et plus ponctuellement le Nord de la France, le Bassin parisien, le Jura, la vallée du Rhône et le Roussillon <xref rid="BIB6" ref-type="bibr">〚6〛</xref>. Par ailleurs, il consulta sur place diverses collections, en particulier celles de l’École des Mines, de la Sorbonne, de Deslongchamps à Caen, etc. C’est grâce à tout cela qu’il a pu donner une vision stratigraphique (27 étages reconnus), géographique et systématique de sa collection, nous guidant à la fois dans le temps, dans l’espace et au sein même des populations. Ainsi se dessinent successivement les paléogéographies des bassins sédimentaires français, avec chacun leur propre diversité faunique.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>En outre, Alcide d’Orbigny voyageait à l’étranger et recevait régulièrement des fossiles de nombreux pays d’Europe, qui ont couvert tous ses étages géologiques <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref>. Ainsi, ses correspondants du Royaume-Uni, d’Irlande, de Belgique, des Pays-Bas, du Danemark, de Suède, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, de la République tchèque, de Russie (bassins du Nord, Oural, Crimée), d’Italie, d’Espagne, du Portugal (tous pays ramenés aux frontières actuelles), ont participé de façon très active à l’accroissement de sa collection. Ses relations avec les États-Unis étaient excellentes, comme le montre le nombre élevé d’États concernés : Kentucky, Ohio, Indiana, Maryland, Illinois, Tennessee, Alabama, New-Jersey, Texas, Virginie, Caroline, Missouri. Citons, pour leur grande richesse en Invertébrés fossiles, le Parisien de l’Alabama ou encore le Falunien B de Virginie. Des fossiles provenant d’Afrique, on ne trouve que de rares exemples, d’Algérie et d’Égypte. Il en est de même pour l’Asie, malgré son immensité géographique, avec seulement la Syrie, ainsi que le Kutch et Pondichéry pour l’Inde. Alcide d’Orbigny avait d’ailleurs envisagé d’écrire une <italic>Paléontologie universelle des Animaux mollusques et rayonn</italic>és, qu’il ne put achever, en raison de sa mort prématurée. Néanmoins, sa collection s’est enrichie par l’envoi de fossiles de ses très nombreux correspondants français (Coquand, Desmoulins, Élie de Beaumont, Emeric, dont la collection se trouve au laboratoire de géologie du Muséum, Fleuriau de Bellevue, Gaudry, Grateloup, Hébert, Mathéron, Requien, Toucas, Tesson, de Verneuil, de Vibraye) et étrangers (Agassiz, Bellardi, Desor, Goldfuss, Geinitz, Hall, De Koninck, Lyell, Murchison, Mantell, Michelotti, Sowerby , Sismonda, Voltz), pour n’en citer que quelques-uns parmi les plus connus de son époque.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Aucune indication n’est donnée de façon précise sur les lieux où la collection d’Orbigny a été entreposée avant son arrivée au Jardin des Plantes. Alcide d’Orbigny a d’abord résidé dans la maison familiale de Charles Marie, son père, à La Rochelle, où cette collection a de toute évidence été constituée par étapes, comme relaté précédemment. À son retour d’Amérique, quand Alcide d’Orbigny se rendait au laboratoire d’anatomie comparée du Muséum, il s’arrêtait brièvement au domicile de son frère, Charles Henri, rue de la Contrescarpe, à qui il devait confier quelques fossiles d’un voyage à l’autre. Il s’installa ensuite à Paris même avec sa propre famille, d’abord rue Louis-le-Grand, puis rue Hyacinthe-Saint-Honoré, et l’on peut éventuellement admettre que la collection l’a suivi en partie dans ses demeures parisiennes. Compte tenu de l’immensité de son œuvre paléontologique, il est impensable d’envisager qu’il n’ait pas eu à sa disposition les fossiles en cours d’étude. Le regroupement de la collection s’est fait naturellement en 1850, date à laquelle la famille d’Orbigny s’installa au nord de Paris, à Pierrefitte-sur-Seine, dans une grande maison, dite le « Château », également habitée par Albert Gaudry (beau-frère d’Alcide d’Orbigny) et par plusieurs membres de sa famille. La nomination d’Alcide d’Orbigny comme professeur de paléontologie au Muséum (1853) lui permit sans doute d’obtenir un peu plus de place au laboratoire pour avoir, par exemple, à sa disposition les fossiles illustrant son cours. Mais l’ensemble de la collection fut conservé à Pierrefitte.</p>
         </sec>
      </sec>
      <sec>
         <label>3</label>
         <title>Le catalogue de la collection d’Orbigny</title>
         <sec>
            <p>En 1857, à la mort d’Alcide d’Orbigny, sa collection a été acquise par l’État sur ordre du ministre de l’Instruction publique et des Cultes, Mme d’Orbigny l’ayant vendue pour la somme de 55 000 francs-or. Le catalogue d’entrée des collections de fossiles, commencé en 1853 (date de la création de la chaire de paléontologie destinée à Alcide d’Orbigny), ainsi qu’une fiche d’entrée par collection, témoignent de l’arrivée au Muséum, en 1858, de cette précieuse collection (<xref rid="FIG1" ref-type="fig">Fig. 1</xref>). Hippolyte Hupé, aide-naturaliste, en fit l’inventaire (établissement du catalogue de décembre 1858 à novembre 1860) <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref>. Un deuxième exemplaire du catalogue est conservé aux Archives nationales (<xref rid="FIG2" ref-type="fig">Fig. 2</xref>).</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Le plan du catalogue par étages (<xref rid="FIG3" ref-type="fig">Fig. 3</xref>), suit celui donné par Alcide d’Orbigny lui-même dans le <italic>Prodrome de paléontologie stratigraphique universelle des animaux mollusques et rayonnés</italic> (1850–1852) <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref>. Chacun des 27 fascicules du catalogue correspond à un étage de l’échelle stratigraphique proposée par Alcide d’Orbigny et, pour chaque étage, les fossiles sont présentés selon un classement hiérarchique des taxons dans un sens de complexité décroissante, en usage à cette époque. Certains noms d’espèces cités dans le <italic>Prodrome</italic>, donc du catalogue, diffèrent de ceux utilisés dans la <italic>Paléontologie française</italic>. Ceci s’explique par le fait que les grandes publications d’Alcide d’Orbigny, à caractère biostratigraphique, la <italic>Paléontologie française</italic> (1840–1860) <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>, le <italic>Cours élémentaire de paléontologie et de géologie stratigraphiques</italic> (1849–1852) <xref rid="BIB16" ref-type="bibr">〚16〛</xref> et le <italic>Prodrome</italic> précédemment cité, qui traitent de très nombreux fossiles, ont été élaborées et menées de front pendant une période de plus de vingt ans, montrant ainsi qu’il y a eu un certain décalage entre l’achèvement d’un travail et sa date de publication. Par ailleurs, Hippolyte Hupé a rédigé trois fascicules supplémentaires (28, 29, 30) se rapportant aux « Terrains contemporains », aux « Foraminifères vivants et fossiles », aux « Zoophytes vivants », et qui ne rentrent pas dans le sujet de cet article <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Les 27 fascicules du catalogue de la collection paléontologique d’Orbigny sont consacrés à la macrofaune des Invertébrés, montrant aussi leur abondance relative dans les étages. Toutefois Hippolyte Hupé a fait état de la présence, dans presque tous les fascicules, d’un petit nombre de restes de Vertébrés (dents, vertèbres). Quelques Foraminifères sont cités dans une dizaine d’étages méso-cénozoïques, et l’on trouve aussi de rares indications sur des sables et des roches.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Le matériel rassemblé par Alcide d’Orbigny pour sa collection a été évalué par Hippolyte Hupé à plus de 100 000 spécimens, répartis en près de 14 000 espèces. La numérotation des fossiles eux-mêmes est toute simple (numéro indiqué sur le spécimen, ou sur des pastilles de papier, ou sur le bouchon de liège des tubes de verre ou encore sur des supports cartonnés, <xref rid="FIG4" ref-type="fig">Fig. 4</xref>). Dans le catalogue, chaque espèce porte un numéro d’ordre et ces numéros peuvent être accompagnés en indice de lettres, suivant que l’espèce est présente dans une ou plusieurs localités (<xref rid="FIG5" ref-type="fig">Fig. 5</xref>). Ajoutons que d’assez nombreux spécimens ne sont pas numérotés et ont été réintroduits dans la collection (retour de prêts) après l’inventaire de Hippolyte Hupé. De même, le nombre de « doubles » est important ; ce sont tous les spécimens, en état de conservation médiocre, qu’Alcide d’Orbigny avait utilisés pour son travail sans les intégrer dans sa collection proprement dite (environ 5800).</p>
         </sec>
         <sec>
            <label>3.1</label>
            <title>Classement zoologique</title>
            <sec>
               <p>Le classement zoologique de la collection suit également celui donné par Alcide d’Orbigny dans le <italic>Prodrome</italic>
                  <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref>. En introduction à son cours, Alcide d’Orbigny reconnaissait, à la suite de Cuvier (1769–1832), quatre embranchements dans le règne animal : les animaux vertébrés, mollusques, annelés et rayonnés. Cette classification ne différait pas fondamentalement de celle de Lamarck (1744–1829), un peu antérieure, qui divisait le monde vivant en animaux vertébrés et animaux sans vertèbres, sans employer le terme d’embranchement, mais le premier à formaliser les classes.</p>
            </sec>
            <sec>
               <p>Si les mollusques sont particulièrement fréquents dans tous les étages, certains autres groupes sont bien représentés, tels les brachiopodes, au Paléozoïque surtout, mais aussi au Mésozoïque, ou encore les bryozoaires, d’une très grande richesse spécifique au Sénonien. Généralement moins nombreux sont les zoophytes (échinodermes et coraux) et très peu nombreux sont les articulés (trilobites et crustacés), les annélides, les amorphozoaires (éponges). Notons qu’Acide d’Orbigny n’a pas inclus les trilobites, les crustacés, les annélides, ni divers taxons tels <italic>Graptolites</italic> et <italic>Cruziana</italic> dans le <italic>Prodrome</italic>, réservé à l’étude des animaux mollusques et rayonnés, bien qu’il soit aussi, pour ces groupes minoritairement représentés, créateur d’espèces nouvelles.</p>
            </sec>
            <sec>
               <p>Par leur richesse numérique dans les gisements et leur diversité morphologique, les mollusques ont suscité un grand intérêt chez Alcide d’Orbigny, qui les a suivis tout au long des temps géologiques. De plus, son excellente connaissance des faunes actuelles, tant en anatomie qu’en écologie, a été favorisée par la proximité immédiate du littoral atlantique, caractérisé en Charente-Maritime par un estran de vaste étendue, et aussi par une grande culture générale du domaine marin partagée en famille. Rappelons ici quelques grands traits de la classification retenue aujourd’hui pour la systématique de ces mollusques fossiles. Ainsi, nous devons à Alcide d’Orbigny la distinction des lamellibranches (bivalves) en intégripalliés et sinupalliés, liée à la variation de la ligne palléale (empreinte du bord du manteau) et traduisant un mode de vie. Chez les gastéropodes, il a innové une méthode de mesure de l’angle spiral des coquilles et souligné les variations ontogéniques de l’ornementation, ainsi que la valeur systématique des caractères du péristome. Chez les céphalopodes, il a pris en compte les stades ontogéniques, la dégénérescence gérontique, le dimorphisme sexuel, les cas tératologiques, les variations écologiques, arguments nouveaux dans l’interprétation des variations de l’espèce <xref rid="BIB18" ref-type="bibr">〚18〛</xref>.</p>
            </sec>
            <sec>
               <p>Au cours du temps, la classification a évolué. Rappelons qu’au XVIII<sup>e</sup> siècle, les grands groupes d’Invertébrés trouvent progressivement leur place dans la classification, malgré une hiérarchie des taxons encore très éloignée de celle adoptée au siècle suivant. Ainsi, Linné (1707–1778) a dénommé <italic>corpus</italic>, dans son tableau de 1735, ce qui correspond aujourd’hui à quatre classes de Vertébrés et deux embranchements d’Invertébrés (Insecta et Vermes). Parmi les Vermes, on peut retenir, en ce qui concerne les mollusques, les Testacea, comprenant les Cochlea (gastéropodes), les Concha, où <italic>testa bivalvis</italic> évoque pour la première fois la future classe des Bivalvia Linné, 1758, <italic>Nautilus</italic> et <italic>Dentalium</italic>, tous étant mis sur le même plan. Ensuite, viennent les Zoophyta (échinodermes, méduses, ainsi que les micro-organismes qui apparaissent sous le nom de Microcosmus).</p>
            </sec>
            <sec>
               <p>Depuis le milieu du XIX<sup>e</sup> siècle, des modifications importantes ont été apportées à la position systématique de divers taxons chez les Invertébrés, qui se sont poursuivies postérieurement à l’œuvre d’Alcide d’Orbigny. Ainsi, les aptychus ne sont pas des cirripèdes, en dépit de leur grande ressemblance avec les anatifes, mais bien des pièces operculaires d’ammonites, même si les nautiles n’en possèdent pas. Les hippurites et radiolites ne font pas partie des brachiopodes et forment le groupe des rudistes chez les bivalves (longtemps appelés lamellibranches), caractéristiques des formations récifales du Crétacé. Les brachiopodes et les bryozoaires n’entrent pas dans l’embranchement des mollusques, mais sont bien, chacun séparément, des embranchements différents. Les dentales ne sont pas des gastéropodes et constituent une classe de mollusques à part, les Scaphopodes. Enfin, les trilobites ne sont pas des crustacés.</p>
            </sec>
         </sec>
         <sec>
            <label>3.2</label>
            <title>Classement stratigraphique</title>
            <sec>
               <p>Alcide d’Orbigny pense que le seul rangement zoologique des taxons n’est pas adapté à la paléontologie, car il donne une importance majeure à l’étage enserrant toutes les espèces qui le caractérisent, permettant ainsi de mieux définir les unités de temps et, réciproquement, de mieux cerner les espèces. Il n’est donc pas surprenant d’avoir hérité d’une collection paléontologique classée dans un ordre stratigraphique, sachant qu’Alcide d’Orbigny accordait une place fondamentale à la biostratigraphie. Ce qu’Alcide d’Orbigny appelle l’âge relatif en géologie nous conduit directement à la paléobiogéographie, discipline qu’il a grandement développée au vu des nombreuses comparaisons qu’il a pu établir entre des espèces de même âge, à partir de ses récoltes personnelles, d’envois et d’échanges, provenant de points différents en France et partout ailleurs.</p>
            </sec>
            <sec>
               <p>La place de la stratigraphie dans l’œuvre d’Alcide d’Orbigny revêt donc une importance majeure <xref rid="BIB1" ref-type="bibr">〚1〛</xref>. Ici sont rapidement traités quelques aspects biostratigraphiques relatifs à la collection elle-même et au catalogue. La collection d’Orbigny recouvre tous les étages géologiques, du Paléozoïque à l’Actuel, à l’exception du Cambrien. Alcide d’Orbigny n’a été l’inventeur d’aucun étage du Paléozoïque, mais il a créé bon nombre d’espèces de cette époque. Le premier étage du catalogue est consacré au Silurien, pris dans son sens ancien : le Silurien inférieur (l’Ordovicien d’aujourd’hui) et le Silurien supérieur, qu’Alcide d’Orbigny appelle Murchisonien (devenu le Silurien sensu stricto). Le tableau de la répartition du nombre des espèces de la collection dans les étages témoigne bien de leur plus ou moins grande richesse spécifique, en particulier au Mésozoïque, période pour laquelle Alcide d’Orbigny a réalisé la partie la plus importante de son œuvre, en reconnaissant 19 étages, en en créant 17, dont 12 sont toujours valides aujourd’hui. Cinq des étages créés par Alcide d’Orbigny pour le Mésozoïque sont invalidés ; il s’agit du Conchylien et du Saliférien (Trias), du Liasien intégré dans le Jurassique inférieur, du Corallien dans le Jurassique supérieur et du Sénonien, aujourd’hui divisé en trois étages : Coniacien, Santonien, Campanien. Les Corallien et Sénonien sont très bien représentés dans la collection. Par ailleurs, Alcide d’Orbigny a beaucoup travaillé sur le Néocomien, qu’il a divisé en Néocomien inférieur, présenté séparément dans le catalogue du Néocomien supérieur (Urgonien). Pendant plus d’un siècle, les auteurs ont confronté leur position sur l’appartenance du Danien au Crétacé supérieur ou au Cénozoïque, y compris au sein même de la famille d’Orbigny, entre deux frères, Alcide optant pour le Mésozoïque et Charles Henri pour le Cénozoïque. Devant cette situation compliquée, Hippolyte Hupé a contourné la difficulté en réunissant les fossiles des deux étages, Sénonien et Danien, en un seul fascicule, avec une seule liste systématique. Aucun des quatre étages cénozoïques créés par Alcide d’Orbigny (Suessonien, Parisien, Falunien, Subapennin) n’a été retenu dans les échelles stratigraphiques récentes. Néanmoins, par leur nom, ils désignent des ensembles bien séparés par l’âge, avec des faunes également bien distinctes, et régionalement évocateurs, tel le Falunien (26<sup>e</sup> étage de d’Orbigny), désignant les faluns miocènes des bassins de la Loire et d’Aquitaine (Falunien B), fascicule séparé du Tongrien (Falunien A), faisant partie de l’Oligocène.</p>
            </sec>
         </sec>
      </sec>
      <sec>
         <label>4</label>
         <title>La salle d’Orbigny</title>
         <sec>
            <p>Trente ans s’écoulèrent entre l’arrivée de la collection d’Orbigny au Muséum (1858) et sa destination nouvelle (1898). La collection a d’abord été placée dans le vieux laboratoire d’un bâtiment de la cour de la Baleine, occupé par les collections d’anatomie comparée de Georges Cuvier, et où s’installa Albert Gaudry, élu plus tard, en 1872, professeur de paléontologie <xref rid="BIB12" ref-type="bibr">〚12〛</xref>. Les membres du Comité de la Paléontologie française, groupe scientifique décidé à continuer l’œuvre inachevée d’Alcide d’Orbigny, y consultèrent de nombreuses fois la collection entre 1860 et 1893 (fin du Comité). On a pu relever le passage d’autres visiteurs, tels Kilian en 1888, Hyatt en 1889 ou encore de Grossouvre en 1893, venus comparer leurs spécimens aux types de d’Orbigny.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>La décision de donner un espace plus grand à toutes les collections de paléontologie fut prise en 1892 par l’assemblée des professeurs du Muséum, et le nouveau laboratoire de paléontologie fut achevé en juillet 1898, sous la conduite de l’architecte Dutert. Il s’ensuivit l’emménagement progressif des collections de fossiles. En l’honneur d’Alcide d’Orbigny, Albert Gaudry attribua au premier titulaire d’une chaire de paléontologie de France et d’Europe une très belle salle de collections qui portera son nom, toute entourée de meubles à tiroirs en bois de chêne, surmontés de vitrines (<xref rid="FIG6" ref-type="fig">Fig. 6</xref>). Au centre de la salle devaient se trouver les quatre gros meubles à vitrines horizontales (placés aujourd’hui sur le palier en haut du grand escalier), comme en témoignaient encore récemment les étiquettes des tiroirs annonçant la suite de la collection dans l’ordre des étages selon Alcide d’Orbigny.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>On ne sait que peu de choses sur la salle d’Orbigny entre le début du siècle et la période qui a suivi la guerre de 1914–1918, si ce n’est que Marcellin Boule, le successeur d’Albert Gaudry, a continué de mener une politique de regroupement des fossiles invertébrés au sein du Muséum et fit connaître les types du <italic>Prodrom</italic>e dans les <italic>Annales de Paléontologie</italic>, publication qu’il avait créée. Sous le mandat de Camille Arambourg, la sous-direction des Invertébrés fut alors occupée par Jean Roger (après la deuxième guerre mondiale et pendant les années 1950). Le laboratoire devenant exigu face à l’augmentation du personnel scientifique, la salle d’Orbigny, et l’autre grande salle qui la jouxte (la salle du Bassin de Paris, présentant temporairement une partie de la collection d’Orbigny) furent transformées en bureaux collectifs pour les chercheurs invertébristes de l’époque et leur directeur. La constitution de collections de référence par classes zoologiques contribua à appauvrir provisoirement la collection d’Orbigny. Plus tard, dans les années 60, lorsque Jean-Pierre Lehman, devenu le successeur de Camille Arambourg, réorganisa les expositions de paléontologie, bon nombre de beaux spécimens d’Invertébrés (dont des types de d’Orbigny) furent alors présentés au public. C’est à partir des années 1980 que Jean-Claude Fischer, alors sous-directeur aux Invertébrés, entreprit le travail gigantesque de réunir tous les spécimens types et figurés, dispersés en divers points du laboratoire, dont de nombreux appartenant à la collection de d’Orbigny, en vue de constituer une « typothèque », à la fois lieu de conservation et de consultation. Une autre opération, qui prit le nom de « Tyfipal », fut également menée dans divers musées et universités, répertoriant et informatisant les types et figurés en paléontologie. Simultanément, à l’instigation de Henri Tintant, alors professeur à l’université de Dijon, et sous la direction de Jean-Claude Fischer, commença l’étude collective de la <italic>Révision critique de la Paléontologie française d’Alcide d’Orbigny</italic>, qui réunit depuis 1985 de nombreux spécialistes de mollusques <xref rid="BIB2" ref-type="bibr">〚2〛</xref>, <xref rid="BIB3" ref-type="bibr">〚3〛</xref>, <xref rid="BIB4" ref-type="bibr">〚4〛</xref>, <xref rid="BIB5" ref-type="bibr">〚5〛</xref> and <xref rid="BIB7" ref-type="bibr">〚7〛</xref>. Une grande partie des opérations de reconnaissance des types et figurés s’est déroulée dans la salle d’Orbigny. De nombreux spécialistes français et étrangers d’Invertébrés, toujours fascinés par le lieu, s’y sont souvent rencontrés ou croisés <xref rid="BIB10" ref-type="bibr">〚10〛</xref>.</p>
         </sec>
      </sec>
      <sec>
         <label>5</label>
         <title>Conclusions</title>
         <sec>
            <p>L’intérêt qu’ont suscité les travaux paléontologiques, biostratigraphiques et paléobiogéographiques d’Alcide d’Orbigny dans le monde scientifique ne s’est en fait jamais démenti depuis la disparition de son auteur, il y a un siècle et demi. Si les querelles dans le domaine des idées et des théories eurent largement cours, la collection d’Orbigny, historique, rangée par étage et par ordre systématique, est restée un support indispensable aux études modernes en paléontologie et en biostratigraphie. Le nombre très élevé des espèces types dans tous les groupes, provenant de toutes parts et de tous les étages géologiques créés par Alcide d’Orbigny, et encore reconnus actuellement, ajoutent à l’importance de l’héritage scientifique qu’il nous a laissé. Depuis vingt ans, de nombreux paléontologues français et étrangers se sont inscrits sur la liste des visiteurs de la collection d’Orbigny, dans le but d’étudier un groupe ou un étage, seuls ou en collaboration. Les travaux publiés dans le cadre de la <italic>Révision critique de la Paléontologie française d’Alcide d’Orbigny</italic> et ceux en voie d’achèvement ont grandement contribué à la mise en valeur des spécimens types et à un meilleur rangement de la collection, qui est en cours d’informatisation. Enfin, les sujets des communications scientifiques sur les faunes d’Invertébrés fossiles, suivant le classement systématique du catalogue (gastéropodes, lamellibranches, rudistes, brachiopodes, bryozoires), proposées au <italic>Colloque international Alcide d’Orbigny</italic> (juillet 2002, Paris), ont montré une fois de plus que l’intérêt porté à cette illustre collection est toujours d’actualité.</p>
         </sec>
      </sec>
   </body>
   <back>
      <ack>
         <title>Remerciements</title>
         <p>Mes remerciements s’adressent à Jean-Claude Fischer, Henri Gauthier, Françoise Legré-Zaidline, pour leur aide dans la documentation scientifique et historique, à Denis Lacour pour l’informatisation de la collection d’Orbigny, à Françoise Pilard, Philippe Loubry, Denis Serrette pour l’illustration. Je remercie Marie-Thérèse Vénec-Peyré, rapporteur, pour ses remarques et suggestions.</p>
      </ack>
      <app-group>
         <app>
            <sec>
               <title>Abridged version</title>
               <sec>
                  <label>1</label>
                  <title>The d’Orbigny collection: a lifetime of fossil collection</title>
                  <sec>
                     <p>The history of the creation and development of this renowned collection is more or less the résumé of d’Orbigny’s life. The education of d’Orbigny (born in 1802) as a naturalist was initiated in his family, at Couëron near Nantes in western France, and then in the ‘département’ of Charente-Maritime, at Esnandes and La Rochelle, where his palaeontological and geological fortune took form in the last two localities <xref rid="BIB8" ref-type="bibr">〚8〛</xref>, <xref rid="BIB10" ref-type="bibr">〚10〛</xref>, <xref rid="BIB18" ref-type="bibr">〚18〛</xref>, <xref rid="BIB19" ref-type="bibr">〚19〛</xref>, <xref rid="BIB20" ref-type="bibr">〚20〛</xref> and <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>.</p>
                  </sec>
                  <sec>
                     <p>The recovery of Late Oxfordian fossils from the cliffs of the ‘Pointe de Saint-Clément’, at Esnandes, and nearby cliffs was in a way the impetus of Alcide d’Orbigny’s interest in biostratigraphy. At the same time, his observations on the sands of the tidal flat of the Anse de l’Aiguillon (study begun by his father) led him to the discovery of a class of micro-organisms, the Foraminifers. Later, he placed extinct forms of the Foraminifers in the geological stages erected by him (today, the collection of Foraminifers is a distinct one) <xref rid="BIB21" ref-type="bibr">〚21〛</xref> and <xref rid="BIB23" ref-type="bibr">〚23〛</xref>. During the 1821–1826 period, Alcide d’Orbigny lived at La Rochelle, which permitted him to go over the Charente region; numerous fossiliferous sites of Jurassic (‘Pointe du Chay’, etc.) and Cretaceous (right bank of the Gironde, etc.) ages were located comparatively near his family home. Thus, he began his collection of fossil invertebrates. Therefore, Alcide d’Orbigny was able to work out during his youth and later to complete elsewhere in France, the heart of his biostratigraphical work, that is the Mesozoic <xref rid="BIB1" ref-type="bibr">〚1〛</xref>, <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>, <xref rid="BIB16" ref-type="bibr">〚16〛</xref> and <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref>.</p>
                  </sec>
                  <sec>
                     <p>Because of his ability, he was solicited by the Museum authorities to visit South America and he became an explorer of that continent (1826–1834) <xref rid="BIB15" ref-type="bibr">〚15〛</xref>. His palaeontological collections (mainly molluscs) were made in several countries (Argentina, Uruguay, Bolivia, Chile, Peru) and they were increased by gifts from other countries (Colombia, Brazil). These collections permitted him to make biogeographical comparisons between South America and Europe, which is one of the key points of his work. He identified about 150 species, distributed in eleven stages, from the Palaeozoic to the Upper Cainozoic. They are now in the collection and their names are clearly reminiscent of that period in d’Orbigny’s life; examples are: <italic>Spirifer condor</italic>, <italic>Productus inca</italic>, <italic>Ammonites bogotensis</italic>, <italic>Turritella andii</italic>, <italic>Panopea coquimbensis</italic>, <italic>Pecten paytensis</italic>. D’Orbigny also paid tribute to naturalists who visited South America (<italic>Productus humboldtii</italic>, <italic>Rhynchonella agassizii</italic>, <italic>Arca bonplandiana</italic>, <italic>Pecten darwinianus</italic>) and to a renowned statesman of that time, the Bolivian general Andrés de Santa Cruz (<italic>Cruziana furcifera</italic>) who solicited his coming <xref rid="BIB13" ref-type="bibr">〚13〛</xref>.</p>
                  </sec>
                  <sec>
                     <p>On his return in Europe, d’Orbigny decided to collect as many fossils as possible in France during several years, in order to know their stratigraphical ranges (constantly from 1834–1840; more sporadically afterwards, up to 1855) <xref rid="BIB6" ref-type="bibr">〚6〛</xref>. This work led him to define geological stages; thus, he is the inventor of biostratigraphy. Moreover, he received fossils for study from various French regions, western Europe, Russia, the USA, and elsewhere; this material strengthened his ideas. Therefore, his colleagues who sent specimens contributed to the increase of the collection <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref>. Alcide d’Orbigny acknowledged the importance of studies made previously, for example Sowerby’s work for England and that of Goldfuss for Germany, and he thought that such a work was lacking in France. For this reason, he decided to undertake it, which was the origin of the <italic>Paléontologie française</italic> (1840–1860), the base of which rests on this collection <xref rid="BIB3" ref-type="bibr">〚3〛</xref>, <xref rid="BIB4" ref-type="bibr">〚4〛</xref> and <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>. Owing to the various trends of his activity, he was able to infer stratigraphical (27 recognised stages), biogeographical and systematic aspects from his collection, largely related in his <italic>Cours élémentaire de paléontologie et de géologie stratigraphiques</italic> (1849–1852) <xref rid="BIB16" ref-type="bibr">〚16〛</xref>.</p>
                  </sec>
                  <sec>
                     <p>No precise information is available about the repositories of the collection before its arrival at the ‘Jardin des Plantes’ (i.e., the ‘Muséum’). The gathering of the collection took place naturally in 1850, when d’Orbigny’s family settled at Pierrefitte-sur-Seine, north of Paris, in a large house. The appointment of Alcide d’Orbigny as titular of the professorship of Palaeontology at the Museum in 1853 certainly permitted him to obtain more room in the former laboratory of Georges Cuvier, but the collection as a whole remained at Pierrefitte-sur-Seine.</p>
                  </sec>
               </sec>
               <sec>
                  <label>2</label>
                  <title>Achievement of the catalogue</title>
                  <sec>
                     <p>The collection of fossil invertebrates made up by Alcide d’Orbigny is the earliest and larger palaeontological collection in the ‘Muséum national d’histoire naturelle’ in Paris (about 14 000 species and about 100 000 specimens). It was purchased in 1858 (55 000 ‘francs-or’), i.e. one year after the death of d’Orbigny, and Hippolyte Hupé, ‘aide naturaliste’ at the Museum, made its inventory <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref> (<xref rid="FIG1" ref-type="fig">Fig. 1</xref> and <xref rid="FIG2" ref-type="fig">Fig. 2</xref>). A rather great number of specimens have no catalogue number. They were probably re-placed in the collection, back from loan, after the inventory by Hupé was over. Besides, d’Orbigny used poorly preserved specimens (about 5800) that have not been placed in the collection itself. The catalogue of the d’Orbigny collection is comprised of 27 fascicles, everyone corresponding to one of the 27 geological stages recognised by d’Orbigny in the <italic>Prodrome de paléontologie stratigraphique universelle des animaux mollusques et rayonnés</italic> (1850–1852) <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref> and developed in his <italic>Cours de paléontologie et de géologie stratigraphiques</italic> (1849–1852) <xref rid="BIB16" ref-type="bibr">〚16〛</xref> (<xref rid="FIG3" ref-type="fig">Fig. 3</xref>). Within each geological stage, i.e. within each fascicle, the zoological classification follows decreasing complexity, as was the use at that time.</p>
                  </sec>
                  <sec>
                     <label>2.1</label>
                     <title>Zoological classification</title>
                     <sec>
                        <p>The molluscs (<xref rid="FIG4" ref-type="fig">Fig. 4</xref> and <xref rid="FIG5" ref-type="fig">Fig. 5</xref>) are frequent in every stage, but other groups are also well represented; for example: the brachiopods, mainly in the Palaeozoic but in the Mesozoic as well, the bryozoans, with a great diversity at species level in the Senonian. Generally, the ‘zoophytes’ (echinoderms and corals) are less numerous, whereas the ‘articulés’ (trilobites and crustaceans), ‘annélides’ and ‘amorphozoaires’ (sponges) are rare. It should be noted that d’Orbigny did not include the trilobites, crustaceans, annelids, and various taxa such as <italic>Graptolites</italic> and <italic>Cruziana</italic> in the <italic>Prodrome</italic>, devoted to the study of the “animaux mollusques et rayonnés”, despite the fact that he erected new species belonging to these groups. Since the middle of the 19th century, important changes have affected the systematic position of various taxa of invertebrates.</p>
                     </sec>
                  </sec>
                  <sec>
                     <label>2.2</label>
                     <title>Stratigraphic classification</title>
                     <sec>
                        <p>Alcide d’Orbigny was of the opinion that the zoological arrangement alone was not suitable to palaeontology. Consequently, he stressed the importance of geological stages, one stage including all species that characterise it. By so doing, he gave a fundamental role to biostratigraphy. What is named relative age by d’Orbigny leads straightforwardly to palaeobiogeography, a field largely developed by him if we take into account the numerous comparisons he made between species of the same age and coming from various French regions and from elsewhere.</p>
                     </sec>
                     <sec>
                        <p>The d’Orbigny collection includes all geological stages, but those of the Cambrian <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref>. Alcide d’Orbigny did not create any stage of the Palaeozoic, although he described several species from that period. The table that shows the distribution of species from the collection in the various stages is a good reflection of the richness and diversity of the faunas of these stages, especially those of the Mesozoic; the largest part of d’Orbigny’s work deals with that era. He distinguished 19 stages within the Mesozoic, of which 17 were erected by him; twelve are still valid today. During more than one century, the position of the Danian in either the Late Cretaceous or Early Cainozoic was disputed; the dispute even reached d’Orbigny’s family! As far as the Cainozoic is concerned, none of the four stages created by d’Orbigny has been held in recent stratigraphic scales.</p>
                     </sec>
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                     <p>The d’Orbigny collection was first housed in the former laboratory located in a building of the ‘Whale Yard’ that was the repository of the Georges Cuvier collection of comparative anatomy. Albert Gaudry, who was latter appointed Professor of Palaeontology (1872) <xref rid="BIB12" ref-type="bibr">〚12〛</xref>, settled in the laboratory. The collection was often visited by the members of the <italic>Comité de la Paléontologie française</italic> between 1860 and 1893 (date of the end of the committee). The aim of the committee was to carry on the unfinished work of d’Orbigny. It has been possible to trace the visits there of renowned geologists and palaeontologists, among them Kilian in 1880, Hyatt in 1889 or de Grossouvre in 1893. Thirty years passed between the arrival of the collection at the ‘Muséum’ and its transfer to its final repository in 1898, i.e. the new Laboratory of Palaeontology. The latter building was finished in July 1898, under the management of the architect Dutert, which was followed by the progressive installation of the collections of fossils in the new building. In order to pay a tribute to d’Orbigny, who was the first titular of a professorship in Palaeontology in Europe, Albert Gaudry gave a large room for the collection. The room was, and is still surrounded with oak wood furniture with drawers that are topped by display cabinets (<xref rid="FIG6" ref-type="fig">Fig. 6</xref>). It is now called d’Orbigny Room. Both exhibition room and working area, the d’Orbigny Room was used for the preparation of a collection of type and figured specimens, of which many are from the d’Orbigny collection. Besides, during the 1980s was initiated the multi-authored study called <italic>Révision critique de la Paléontologie française d’Alcide d’Orbigny</italic>. Still attracted by this room, numerous experts from France and other countries meet there <xref rid="BIB10" ref-type="bibr">〚10〛</xref>.</p>
                  </sec>
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      </ref-list>
   </back>
   <floats-group>
      <fig id="FIG1">
         <label>Fig. 1</label>
         <caption>
            <p>Extrait de page du catalogue d’entrée des collections de paléontologie.</p>
            <p>Extract of page of the catalogue of the laboratory of palaeontology on which is noted the entry of d’Orbigny collection.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="FIG2">
         <label>Fig. 2</label>
         <caption>
            <p>Première page du catalogue, relatant les circonstances de l’acquisition de la collection d’Orbigny, ainsi que le plan de classement suivi.</p>
            <p>First page of the catalogue relating circumstances of the acquisition of the d’Orbigny collection, and presenting the organisation of the catalogue.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="FIG3">
         <label>Fig. 3</label>
         <caption>
            <p>Seconde page du catalogue de la collection d’Orbigny, donnant le nombre d’espèces et d’individus par étage.</p>
            <p>Second page of the catalogue of the d’Orbigny collection, giving the number of species and individuals per geological stage.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="FIG4">
         <label>Fig. 4</label>
         <caption>
            <p>
               <italic>Pleurotomaria bessina</italic> d’Orbigny (n°2213), gastropode du Bajocien de Port-en-Bessin (Calvados) sur son support cartonné.</p>
            <p>
               <italic>Pleurotomaria bessina</italic> d’Orbigny (n°2213), Bajocian gastropod from Port-en-Bessin (Calvados) on its support plate.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="FIG5">
         <label>Fig. 5</label>
         <caption>
            <p>Extrait d’une page du catalogue de la collection d’Orbigny, avec des lamellibranches du Sénonien.</p>
            <p>Extract of a page of the catalogue of the d’Orbigny collection, with Senonian Bivalves.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="FIG6">
         <label>Fig. 6</label>
         <caption>
            <p>La salle d’Orbigny.</p>
            <p>The d’Orbigny Room.</p>
         </caption>
         <graphic xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="main.assets/fx6.jc4"/>
      </fig>
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